Le Mot Ment du lundi 18 février 2013 : Pauvre Lélian !

C’est le pauvre Lélian qui a mis ses vers sur nos tables lundi 18 février. L’amant de Rimbaud et de sa cousine, le poète maudit de Metz, l’étrangleur de sa mère, rappelons les anecdotes qu’on veut pour causer de Paul Verlaine, c’est en tout cas avec le recueil Parallèlement qu’on a pu s’immiscer dans la vie tumultueuse de celui qui a côtoyé pendant toute son enfance les foetus de ses frères et soeurs dans des bocaux de formol. Mais ne nous affolons pas ! On l’a laissé nous parler des femmes et de leurs culs, ou bien de Sappho misérable. Quand nous avons abordé la forme de ses poèmes, nous avons senti notre petitesse devant la grandeur d’une telle effigie. Un peu de concentration, de détente, une bonne infusion de Verlaine, comme disait Goffette, et nous avons pu écrire tout de même…

Un sonnet renversé (le net-so) et une infusion de Verlaine…

Alysson.

Bulles girouettes sur la lune groseille
à t’égosiller dans les ruelles sombres
Citadelle ou le démiurge

s’insurge pour si peu du nombre
ridicule abandon fragment d’hébétude
et les feuilles tombent en prélude….

Noyé dans la tasse d’un délire
Givré, à la masse et d’un autre ailleurs
à trop inspirer l’allumette et le tueur
Ha ! Puis partir en éclat de rire !

Floutesque clown des lassitudes
Diffus parfum d’un trop bu
Confondu au bout d’un remugle
à traverser les échoués perdus

Lucie.

Infusion de Verlaine.

Verveine et Verlaine – quand laine et vers s’infusent,
Quand Sappho déchaînée en ton corps diffuse
Ce douloureux désir ; ton martyre l’amuse ;

Verlaine s’effrite et dans le plaisir s’enflamme :
Des corps alanguis passent, trépassent ; les femmes
Lui dévorent le genou et Rimbaud son âme ;

Verlaine s’envole et trop tôt sur le sol tombe ;
La Justice s’abat comme un jouet sur son monde : 
Son amant est parti, sa liberté aussi ;
Plus un corps alentour pour goûter son envie ;

Sappho plus encore sur lui fait son empire :
Son tourment se fait plus lourd, sa raison chavire ;
Son regard affolé tombe alors sur ses pages :
La sainte Ecriture est son nouvel engrenage.

Nicolas.

Infusion de Verlaine.

Dans les champs en été
Là où les semeurs dorment
A l’ombre des grands cyprès

Je marchais à pas de loup
Tel l’assassin du roi traître
Sans réveiller les fomeurs saouls

Dans l’herbe haute me penchais
Afin de dissimuler ma présence
Et ramasser toute la semence
De la verveine tant convoitée

Par le chemin, je m’en venais
Je recroisais les travailleurs du sommeil
Non sortis de leurs merveilles
Et à Charleroi tranquillement je me rentrais.

Marie.

J’ai bu ta peau comme d’autres à tes lèvres
Au secret des alcôves
J’ai lappé ton souffle dans l’alcool vrillé

Des villes
Des vies comme la mienne, combien en as-tu vues 
Enfant aux yeux moqueurs, au coeur battant des cils ?

Désir en robe noire au bord de la folie
Au creux de tes épaules j’ai posé mon espoir
Petite écervelée je croyais te serrer
Dans mes paumes pantelantes.

Mais tu étais poussière
Et ton silence battait mes tempes sans temps mort
Au sein de mon coeur les sens laissés sans terre
Ont rendu l’âme.

Chloé.

Dans les pages flottent encore des silphydes
Et des paysannes, le jupon retroussé,
Des parfums de verveine et des bouches humides.

Tout au fond des regards que les vents ont poussés,
Fusent et s’offusquent les morales violées
Par la débauche que Verlaine a dévoilée.

On parlait d’absinthe mais jamais de pastis,
C’était la révolution au nom des lois mutines,
Et les femmes chantaient et ça sentait l’urine…
Voilà le vrai destin assuré à vos fils !

Ah ! Le pauvre Lélian qui a rêvé de lys !
Le voilà dans sa tombe à manger des racines
de pissenlit, dans sa tombe ainsi il dîne,
Ses glaires trop épais, aussi sa syphilis.

Marc.

Infusion de Verlaine
Eau chaude dans mon cerveau
Des écrits de moutons pour des vers de laine

En fusion je suis, quand, sot
Je me sens partir par ce trop de fioritures
De l’or en pâture pour ces foires littératures

Foireux je suis, odieux je me fais
Quand sous la tenaille de l’alexandrin
Ces techniques de branle chagrin
J’accuse le coup par manque d’idée

Mais qu’importe, j’écris et j’attendrai
Mon tour, pour parler, illustrer mon pâle teint
Et au pire pas grave, je prendrais la porte du vilain
Arpenter ma solitude en cherchant réponse à ma portée.

Maël.

Sagittale  mon chibre
Dans ton con irascible
Déverse son sperme libre
Vers cette soûle inaccessible

Salope, ma petite salope
Je te salis à t’aimer
Dans cette alcôve toute propre
Où il fait bon de t’enculer

L’infusion de Verlaine
T’est montée à la tête
Ma jolie petite teigne

Par malheur tu oublies encore le sucre
Je te dresserai avec des vers de laine
Ou te défoncerai le cul pour te cracher mon stupre.

Florian.

L’Infusion de Verlaine

Ce n’est guère ma tasse, d’infuser mes vifs vers
Entre cruche et carafe, le contenu est même
Mais je ne veux boire ma prose dans un verre

Quel infâme tourment qu’un pareil récipient
Recueil gastronomique et somme astronomique
Car le thé que j’ai fait, au café m’a maté

Oh oh ! Je vous vois rire, bourgeois de pacotille
Vos tasses de diamant ne contiennent que du vent
Saint-John Perse, Valéry, ah vos tristes amants
Sont griffés par le temps, gonflés comme des billes

Pauvre Lélian demeure un horrible anagramme
Je vous l’accorde Émile, Jacottet n’est pas un ange
Ce pitoyable Paul me console et mélange
D’un élan érotique, me tisane à la came

Mathieu.

Nesso
In fusion de

Elle songe Saphô , à son songeur déraisonné, le bon rieur
Dicteur de ton, rongeur Lesbo Gréco olé, olé
C’est l’expresso, mon intention, grosse Séléné

Boire un café dans l’antre du cosmos, in extenso,
Manger tes seins, dans l’in globo, des phrases corolles mises mot à mot
Hélas, j’ai renversé dans mon nesso l’abbé béat, mon bon Seigneur Kaputt ! Chino !

Claqueur  de dent, de l’intuition je suis l’aîné
Furieux rameur, et une ou deux, fusions
Il rampe, malheur, le mal, encore, encore, encore dans l’infusion
Claquer c’est lancer des balles démantibulées

Jongleur de bancs Saturne et Olmedoww morflent sur l’asphalte
Hécate tremble et trempe jusqu’au Tartare
La cloche des morts, mal lunée, crevée dare-dare
Ses larmes, son flow primate, c’est son aînée, échec, et mat.

Théo.

L’Abbé de Batz

L’Abbé de Batz excédé par ce b-a-ba
S’est dit je cède cédéroms, des dés et œufs
Dieu m’est témoin jamais plus de messe là-bas.

Dédé arrive chez l’abbé, yeux dans les cieux,
Tout poudré cheveux ras, dit euh euh qu’i fait froid
Z’auriez pas pour moi mon Seigneur un truc de choix ?

Si dit l’abbé j’ai des Cds de rock anglais
De l’île de Batz et d’Abba des bas craqués
Une bure et un code wi-fi qu’j’ai haqué
Du lait rance des ronces. Ha ! Que vous êtes laid !

Pour vous mon cher Dédé, mon convive simplet
Je ferai exception décidé à manquer
Mon office. Voilà un expresso tout talqué
Un nesso ou tisane. Verveine avec du lait ?