Lectures à L'Autre Rive (Nancy)

Devant un public attentif, l’équipe a présenté le fonctionnement du collectif et honoré la sortie de la seconde revue à la librairie l’Autre Rive, 19 rue du Pont Mouja à Nancy. Les syndicats ont annoncé 30 personnes, la police une vingtaine. Mais tous étaient là, libraires spécialisés, anciens généraux bonapartistes, libertaires du CCAN, libre-penseurs de renom, aèdes mystérieux, autochtones lorrains, langues déliées: tous sont venus soutenir REVU. Avant le buffet enflammé et organisé par les libraires, nos hérauts du groupe sont revenus sur les modalités de création de la revue, ses enjeux, ses actions, sa pensée. Après un échange bienveillant et instructif (ici en archipel les notions abordées: surgissement de l’acte poétique et composition, positionnement quant à la notion d’engagement, pôles en tension dans la revue, volet sonore…), et avant la performance poétique de l’échanson séculaire:

Monsieur Doyen a lu Christophe Manon en se tenant titubant. A427 a chanté la marche de Gilbert Vautrin, dans le Saint-Nazaire d’Anne-Marie Albiach.

Nous avons voyagé en Syrie sous l’œil d’un journaliste, puis au bord des rails nancéiens, écoutant la versification transolmedienne de Michèle.

Un counehet a rendu hommage au poète de l’errance Théophile Coinchelin, ainsi qu’à l’illustre auteur licencieux inconnu-reconnu Simon Pierre Ménard de Saint-Just.

Le Prince d’Arbizu a péroré sur une belle histoire de domestication du deuil en scandant l’élégiaque poète des Vosges Richard Rognet. Patrick Dubost a fait danser les cœurs, une nouvelle fois, bien sûr, à Utrecht et Gainesville. L’insubmersible Gérard Varinot a ébranlé l’assistance en lisant « Manifestation » de la poétesse Alysson Videux. Il en a profité pour saluer le travail de Chloé Charpentier, en interprétant « l’escargot », autre tube d’avant-garde. Un culte Dieppois a été proféré pour service rendu à la nation romaine: chaque personne du public ayant été un jour frappée par le dilemme cornélien opposant Larini et Larus, mouettes et goélands.

Le vin a coulé, nous avons souri.

Continuons le trajet, ensemble,

sur cette autre rive d’amitié magique