Le bon Mot Ment du lundi 22 mai 2017 

Ce lundi, au Mot Ment, en attaquant autour d’un thé la brioche apportée par Gérard qui se demandait si le goûter est encore un rituel et après s’être interrogé sur la version masculine de Muse, nous sommes revenus sur les récitations poétiques qui se sont déroulées à l’Autre Rive vendredi et samedi soirs, en lisant des textes de Laura Vasquez et Antoine Mouton, nos coups de coeur de ces soirées (qui furent arrosées, il paraît).
Dimanche matin, le groupe a lu des poèmes dans une boulangerie, mais ils ont plus été pris pour des témoins de Jéhovah que pour des divas.
Olivier nous a lu un texte de sa création, parodie d’une célèbre fable, renommée pour l’occasion Le Corbeau et le Connard. Il nous y confiait que chaque matin, envoûté par le chant des merles, le tramway lui passait sous le nez.
Théo nous a présenté Passeport d’Antoine Cassar, poète maltais déjà venu lire ses textes au Mot Ment, qui s’interroge sur la valeur et la nécessité des passeports et des frontières. Puis des textes de Georges Perros et de Serge Pey ont été récités. Ce dernier a notamment écrit un article en 2003 s’insurgeant contre le fait que la prison de Toulouse allait être transformée en centre d’art. La question a fait débat : Comment rénover une prison ? Et plus largement, n’est-ce pas hypocrite de raser les prisons délabrées, se contenter de simplement oublier ? Et après tout, un tel lieu ne devrait-il pas pouvoir se visiter ?
La thématique nous a tellement inspiré qu’ « une prison devenue musée » a été choisi comme sujet d’atelier d’écriture. Gérard, emballé par Passeport, nous a laissé avec la brioche pour filer l’acheter à l’Autre Rive. Mathieu a voulu leur transmettre un poème pour les remercier de la soirée de samedi soir mais n’a pas trouvé l’inspiration. (Pour vous donner une idée, ça commençait par « Merci pour la biture ».) En revanche, le sujet proposé a inspiré à A427 ces aphorismes :

Les soupirs pleins de rouille s’accumulent sous la pierre
tandis que suspendus, les regards morts, s’observent en silence.
*
Entre les barreaux,
les soupirs s’envolent
Entre les tableaux,
les barreaux soupirent
*
Derrière les soupirs de façade,
les soupirs des condamnés.

Enfin, Mathieu, tentant désespérément de réhabiliter le poète tchèque Bohumil Hrabal, a sommé A427 et Alexane d’en lire les recueils. Théo a annoncé que désormais le Mot Ment gère la bibliothèque du CCAN. Théophile a accroché la nouvelle affiche, que l’on peut qualifier de sobre et artisanale, qui est directement inspirée de l’écriture poétique contemporaine (venez voir par vous-même).

Enfin (bis), quelqu’un peut-il nous confirmer cette anecdote que Mathieu a entendu : Est-ce vrai qu’il y a quelques années, un conducteur de train inspiré, disait aux voyageurs arrivant en gare de Toul : « Toul, Toul, tout le monde descend » ?

Poésigraphie :
Passeport, Antoine Cassar
Oui., Laura Vazquez
La main de la main, Laura Vazquez
Le metteur en scène polonais, Antoine Mouton (qui est un roman)
Chômage monstre, Antoine Mouton
Au nord tes parents, Antoine Mouton
Papier collés 3, Georges Perros
Droit de voirie, Serge Pey
– La revue l’Estocade

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