Le Mot Ment sur l’herbe du lundi 27 mai  2017 

MtMent9

Au Mot Ment d’ouvrir la porte, personne n’avait la clé. Nous avons donc trouvé refuge au parc Sainte-Marie à l’ombre d’un chêne d’au moins 200 ans (selon Gérard) où nous avons organisé un goûter sur l’herbe avec du pain d’épice (merci Monet pour la photo).
Accompagnée par un air de guitare qui se jouait au loin, A427 nous a montré et lu des extraits d’une de ses trouvailles : Poésies de Karl Marx. Gérard nous a lu des extraits de Le Passant de Pierre Vendel et a fièrement arboré son exemplaire de Passeport d’Antoine Cassar (voir épisode de la semaine dernière), nous en avons d’ailleurs conclu que c’était une formidable idée cadeau.
Puis Théophile nous a présenté le recueil intitulé Il neige dans la nuit (dont vous remarquerez les couleurs too much de la couverture) du poète turc Nâzim Hikmet. Ce dernier a vécu au XXème siècle, était en opposition permanente au gouvernement turc, a fait une trentaine d’années de prison et a été obligé à deux ans de service militaire à l’âge de 49 ans alors qu’il était atteint d’une maladie pulmonaire… Sa poésie est engagée contre le fascisme, l’impérialisme et l’oppression des peuples. Il a notamment écrit, en prison, une épopée de la Turquie intitulée Paysages humains. A quatre voix, nous en avons lu des extraits qui nous ont inspiré le thème de l’atelier d’écriture : Raconter un moment banal à la manière d’une épopée.

Voici donc l’épopée d’A427 :

Elle se pointe fièrement, regarde
Les alentours mangés de gris et de béton.
A peine faufiler d’entre les cailloux gris
Pour y respirer les fumées noires, épaisses
Y grappiller un peu de douce lumière,
Se faire envahir de mégots et de plastique
Que la Pensée des caniveaux, à l’abandon
Sous les ombres des poubelles débordantes
Se dresse suspendue et entière
Colorer, une saison, les pavés froids et sales.

Et celle d’Alexane :

Le sac ouvert,
Sur le lit,
Je rassemblais mes affaires,
Sans faire de plis.

Une épreuve s’annonçait,
Nous serons tous alignés.
Pour me protéger,
Il me fallait lunettes et bonnet.

Arrivé au guichet,
Contre un peu de monnaie,
On m’a donné un ticket,
Aux vestiaires, j’ai pu accéder.

J’ai passé les barrières,
Me suis déshabillée,
Pour passer la tenue adaptée,
Et suis aller me rincer les pieds.

Le grand bain,
M’attendait,
D’un mouvement de bassin,
J’ai plongé.

Théophile a préféré écrire des devinettes auxquelles nous avons lamentablement échoué à répondre. Pour vous mesurer, en voici une :
Quel est ce géant qui s’habille l’été et se déshabille l’hiver ?
(La réponse est dans la photo.)

Poésigraphie :

Poésies, Karl Marx
Le passant, Pierre Vendel
Il neige dans la nuit, Nâzim Hikmet
Passeport, Antoine Cassar