Le beau Mot Ment du lundi 5 juin 2017

MtMent8

Ce lundi, autour du pain d’épice (à la farine de seigle – un des meilleurs selon Théophile) apporté par Gérard accompagné de la nouvelle bière (une des meilleures selon Théophile), Mathieu nous a lu un de ses poèmes (écrit entre deux révisions sur son nouveau téléphone parce que maintenant il a une application de traitement de texte), une ode aux poèmes-flèches de Théophile (pour en saisir le concept, vous pouvez en lire dans Revu n°2 (à acheter avant le lancement imminent de Revu n°3 (qui, il paraît, s’annonce comme le meilleur des numéros))).

Théo nous a lu un extrait de La vérité sur Marie, troisième volet (sur quatre) d’une histoire de Jean-Philippe Toussaint qui, sur fond de rupture amoureuse, tente de faire vomir un cheval dans un Boeing 747 à 10000 mètres d’altitude (mais un cheval ne vomit pas (enfin seul un romancier peut le faire vomir)).
Il nous a ensuite présenté la BD Highway to love qui imagine le kidnapping d’un guitariste par deux de ses fans lors d’un concert. Elle a été réalisée par les deux artistes lorrains, Jean Chauvelot et Zoé Thouron (qui a dessiné les mouettes sur les cartes postales de Revu n°1 (qui ont glissé dans certains exemplaires de Revu n°2 (qu’il faut acheter avant la sortie de Revu n°3 (qui apparemment est géniale)))).
Puis Mathieu nous a lu un article de Jean-Marie Blas de Roblès paru dans la revue annuelle « de littérature et de réflexion » Apulée (c’était le deuxième numéro (peut-être qu’un troisième numéro sortira en 2018 (mais on ne sait pas si des cartes postales glisseront dedans (et on ne sait pas si ce sera le meilleur de tous)))).

Enfin, Gérard, particulièrement marqué par Une saison en enfer, nous a présenté Arthur Rimbaud dans une introduction émouvante qui se concluait sur une question : A 21 ans, à quoi peut-on penser pour écrire des vers si saisissants ?
Mais qui de Rimbaud connaissons-nous vraiment : Les anecdotes foisonnantes de son existence qui ont participé à la construction du personnage élevé au rang de mythe ? Ou ses écrits, prose et poésie, crus et aiguisés, aux multiples interprétations ?
Il fut en tout cas pour chacun d’entre nous, autour de cette table, peu importe l’âge et le parcours, une révélation.
Trop absorbés par nos lectures, nous n’avons rien écrit. Alors pour finir sur une touche rimbaldienne, nous vous invitons à découvrir (ou redécouvrir) le poème Voyelles, écrit en 1871 (ou 1872), et publié pour la première fois dans la revue Lutèce en 1883 :

VOYELLES

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d’ombre ; E, candeur des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
– O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! –