Le Mot Ment du 1 février 2020

Ambiance studieuse ce samedi. Il faut dire qu’ont été expérimentées deux nouvelles « rubriques »
dont l’atelier d’écriture sur le modèle des Contrerimes (1921) inventées par Paul-Jean Toulet (strophe en 8-6-8-6 et en rimes embrassées ABBA). De quoi faire fumer la machine pour ceux d’entre nous plus habitués aux vers libres. Deuxième rubrique inaugurée : la présentation d’un poète ou d’un recueil peu connu, excellent moyen de faire partager ses découvertes et coups de cœur du moment. Pierre Peuchmaurd (1948-2009) eut l’honneur d’inaugurer la danse. A été lu son poème « L’état des lieux » (L’œil tourné, Cadex, 2003). Impossible aussi ne pas évoquer la disparition de deux figures de la poésie à Strasbourg disparues en janvier, Marc Syren et Anne-Marie Soulier, que certains d’entre nous connaissaient.

« C’est une forêt. De grandes voitures rousses se souviennent de la neige, de la bête rouge, des jets de sang. La lumière remue ses crabes sous les fougères, elle se tait dans les bauges. Ce qui va venir repart. A peine ça trouble l’eau des sources. A peine ça trouble et on est vieux. Le monde neuf, le monde neuf. » (Pierre Peuchmaurd)