Le Mot Ment du 13 février 2020

Ce coup-ci, après René-Ralf et Frédéric, c’est Alexandre S. qui se colle au résumé de séance avec son style si caractéristique :
Échanges à propos du Mot ment

Le lundi 17 février à 19h21
Salut Alex! Tu as fait un Mot Ment finalement samedi ? Si c’est le cas et que tu as envie de faire un petit résumé de 3/4 lignes comme j’ai fait les fois précédentes (et Frédéric la semaine dernière), hésite pas!

Le Lundi 17 février à 20h11
Salut Florian, oui, j’y ai été, j’y ai lu ce que j’ai écrit à propos de la précédente séance et je crois que j’ai depuis écrit à propos de cette dernière. Je vais m’y replonger un peu plus tard voir si j’arrive à en sortir quelque chose qui convient. Et ceci en sera peut-être l’introduction.

Le Mercredi 19 février à 3h27
Salut Florian, je viens finalement de finir d’écrire. Je devrais être au lit depuis longtemps. Relis-le. Vérifie s’il n’y a pas de fautes. Publie-le si tu veux. Et mets si tu veux le précédent texte en introduction comme dit. N’hésite pas à m’appeler. Je ne trouve pas ton adresse mail. Je t’envoie le texte à la suite.

Hier au Mandala, à l’occasion du Mot Ment, j’ai lu ce que j’avais écrit une semaine avant. Un peu plus tôt dans la journée, avant d’y avoir été allé, à l’occasion du précédent Mot Ment. Et j’y ai aussi lu ce que j’avais encore écrit après, une fois rentré ; ce que j’y avais lu et aussi les autres, ceux qui y étaient présents cette précédente fois-là : Frédéric, Mustapha et ce couple de touristes parisiens. Et le faisant, vous le lisant, peut-être avais-je commencé à peut-être inconsciemment réaliser que je suis à nouveau en train d’écrire les autres, comme je l’ai tant fait. Mais que maintenant, j’écris aussi ce que je fais avec vous, ce que je vous lis, comme j’avais toujours voulu le faire, certes différemment, mais c’était aussi pour ça que je vous écrivais déjà, sans que vous le sachiez peut-être. Et finalement, l’ayant fait, vous ayant lu, hier, entre autres en train de vous lire autre chose, la semaine dernière, je me suis ensuite vu vous dire qu’à une époque je n’écrivais essentiellement que tous ces autres que je ne connaissais pas autour de moi, espérais le leur lire ou le leur faire lire, essayais d’en faire de la poésie, aurais aimé qu’eux aussi m’écrivent en retour. Mais je ne le réalise à nouveau, ne l’écris que maintenant. Hier, Frédéric, lui, l’a relevé qui était aussi là la semaine précédente, et à qui je l’ai donc lu ; maintenant que je vous fréquente, toi, Frédéric qui m’écoute attentivement, toi, Mustapha qui m’avait ensuite invité à un concert de jazz, vous, les touristes parisiens qui m’aviez dit que vous aimeriez pouvoir lire ce que vous aviez entendu, ce que je vous avais dit d’autre, et vous autres, que je n’ai peut-être pas encore écrit ; maintenant, j’écris aussi de la poésie à propos de la façon dont nous la pratiquons la poésie. De la poésie à propos d’elle-même. Mais peut-on seulement faire autrement ? Peut-on à propos de quoi que ce soit écrire de la poésie sans faire de ce quoi que ce soit quelque chose poétique ?

Nous pouvons en faire avec tout et de toutes sortes. Et je pourrais sans doute aimer écrire de la poésie de tout autre sorte ou manière, à propos de tout autre chose comme le font beaucoup d’autres. Alors, au Mandala, à l’occasion du Mot ment, je dois aussi être attentif à bien vous écouter vous autres pour moi aussi m’y entendre, autrement. Je me suis aussi entendu en la poésie d’Alexandre – et ce n’est pas parce qu’il est mon homonyme – d’inspiration, du moins dans sa forme du moins, m’a-t-il semblé, classique, pour nous parler de ce dont les poètes parleront toujours, toujours un peu différemment : l’amour, serait-il celui de la poésie. J’ai aussi pu m’entendre ou me reconnaître en Antonin Artaud, lu par la voix de Frédéric, s’adressant à M. le législateur de la loi sur les stupéfiants, insolent, revendicatif, iconoclaste et plein d’une grandiose humanité, loin de poncifs par trop éculés. Et, j’ai pu aussi me reconnaître dans la voix et dans l’œil, la dent et la bouche de Claire-Marie, et dans certains de ses coups de gueule, et même un peu les ressentir, y gouter, à ces autres tout autour d’elle, qu’elle aussi croque à sa manière. Et je me suis trouvé projeté, catapulté dans les chroniques de David, un peu nihiliste, surtout désillusionné, qui tend un peu à nous rappeler ou à démasquer le surréalisme d’une certaine réalité, très moderne et déjà éculé elle, dans laquelle on peut aussi malheureusement se retrouver prisonnier, et être amené à l’écrire pour essayer de s’en sortir. Et je me suis trouvé avalé ou aspiré, peut-être pour la fuir cette réalité, dans l’éclairée absurdité des écrits de Michel qui n’est en fait pas aussi irréaliste qu’il n’y apparaît à première vue, même si nous n’y comprenons pas tout, pas plus qu’à la réalité, qui a bien y regarder n’apparait finalement pas moins absurde, autrement, sous un autre prisme. Nos sens nous trompent toujours un peu plus qu’un peu. La poésie permet quelquefois d’affabuler un peu plus vrai. Je préfère vous écrire ainsi. Le Mot Ment n’est finalement pas faux, il n’a rien de faux, et l’on en joue, le fait sonner comme l’on veut, n’en déplaise à certains. Je l’écrirai, vous écrirai, et vous le lirai encore. Peut-être autrement. Peut-être que ça y changera quelque chose, je ne sais pas encore comment. Mais le Mot Ment ira toujours.

Voilà, tu me diras ce que tu en penses. Je vais essayer de taper ce que j’avais écrit la semaine précédente et que je relate dans ce texte. Si j’y arrive je te le transmettrais, ou plutôt je vous le lirais d’abord. À bientôt.

PS : J’ai une petite crainte, j’espère n’avoir oublié personne.
Le 16 février 2020 à 11h50